libraireRésumé

Tout d’abord, il est important de savoir que la famille Khan n’est pas tout à fait une famille représentante des Afghans typiques. Contrairement à la majorité de la population, ils sont assez riches et sont capable de subvenir aux besoins des nombreux membres de la famille. Aussi, Sultan a une mentalité beaucoup plus occidentale que le reste des hommes (particulièrement ceux qui habitent dans des régions éloignés de la ville).

Le ton du roman est donné dès la toute première phrase : « Lorsque Sultan Khan estima qu’il était temps de trouver une nouvelle épouse, nul ne voulut lui prêter assistance. » Oui, c’est vrai, c’est comme cela en Afghanistan. La polygamie. Mais ce n’est pas parce que la polygamie est répandue qu’elle est nécessairement bien vue. En fait, c’est un très grand déshonneur pour la première femme et Sharifa, mère des trois fils de Sultan, pleura vingt jours durant. Mais cela ne changea pas le fait qu’à cinquante ans, son mari allait épouser une jeune fille de seize ans qui allait partager sa maison pour le restant

de sa vie. Cette maison, plutôt de la taille d’un appartement pour nous, est aussi le lieu d’habitation de plus de dix autres personnes, tous des membres de la famille de Sultan. Celui-ci peut se permettre de s’occuper de tout le monde, car c’est l’un des libraires de Kaboul les plus réputé.

Depuis sa tout jeune enfance, Sultan Khan adore les livres. Né d’une famille pauvre, il alla à l’école et travailla à fondre des briques pour rapporter de l’argent à sa famille. Dès son adolescence, il fit ses débuts comme libraire, lors d’un voyage à Téhéran, capitale de l’Iran, il acheta dans un marché une multitude de livres qu’il revendit le double du prix initial à Kaboul. Malheureusement, Sultan fut de nombreuses fois arrêté par les Talibans pour avoir vendu des livres sur le communisme ou jugés non-islamique.

Mais, dans ce livre, ce n’est pas seulement la vie de Sultan que nous découvrons, loin de là, c’est aussi la vie de toutes les personnes que Seierstad à côtoyées. Nous retrouvons donc dans ce récit le désespoir de Shakila lorsqu’elle apprend que son mari choisi d’avoir une deuxième épouse, la peur que Sonya éprouve lorsqu’elle apprend qu’elle va se marier à un homme qui a le triple de son âge, le désespoir profond que les fils de Sultan éprouvent face à leur vie qui consiste à travailler tous les jours dans les librairies de leur père, la gène que les femmes éprouvent en présence d’autres hommes que leur mari ou leurs frères, la haine qu’éprouve le libraire envers son menuisier qui ose lui voler des cartes postales. On y retrouve aussi un éventail de faits historiques concernant l’Afghanistan et le régime des Talibans.

 

Recommandation

Je recommande ce roman à tous ceux qui ont envie de s’ouvrir à un monde et une culture différente de la leur. Bien sûr, vu la complexité des sujets abordés dans ce livre, je crois qu’il est préférable de le lire après avoir atteint l’âge de douze ans. Il faut aussi s’attendre à un livre qui contient plus de description que d’action. C’est tout de même un livre qui se lit facilement, bien qu’il compte au-dessus de trois cents pages.