un_dimancheRésumé

 

Certains peuvent se questionner sur la signification du titre de ce livre. Pourquoi un dimanche et pourquoi une piscine située à Kigali? Tout simplement parce que le livre commence en un beau dimanche ensoleillé et l’action se passe à l’hôtel des Milles Collines où se trouve une magnifique piscine. Bien sûr, Kigali étant la capitale du Rwanda, l’histoire parle beaucoup de l’horrible génocide qui eut lieu en 1994. Comme Courtemanche le mentionne dans son préambule, Un dimanche à la piscine à Kigali est un roman, mais c’est aussi un peu une chronique, car il a fréquenté tous les personnages qui y sont décrits et, dans presque tous les cas, il a utilisé leurs vrais noms. Lorsqu’on sait que cette histoire est fortement inspirée de ce que l’auteur a vécu au Rwanda, elle devient alors beaucoup plus touchante.

Donc, l’histoire commence par une scène très habituelle à l’hôtel des Milles Collines, un regroupement de personnes de tous genres (coopérants, experts internationaux, bourgeois rwandais, prostituées). On apprend que Valcourt a des sentiments pour la plus belle Rwandaise qu’il a vue jusqu’à présent, Gentille. Puisqu’elle est d’une grande beauté, cette serveuse à l’hôtel des Milles Collines est aussi courtisée par plusieurs des autres clients. Mais, c’est avec Bernard, le journaliste qui est toujours gentil avec elle (contrairement à plusieurs autres qui sont assez pervers avec elle et la prenne pour un objet), qu’elle tombe en amour, malgré leur grande différence d’âge. Pendant que sa relation avec Gentille se développe, Valcourt a comme projet de faire un documentaire sur le Sida. L’Afrique est un endroit idéal pour filmer ce genre de documentaire puisqu’une bonne partie de ses amis sont sidéens, il assiste même à la mort de plusieurs d’entre eux. Malheureusement, il n’y a pas que le problème du grand nombre de sidéens au Rwanda, il y a aussi un conflit qui se prépare. Il y a deux ethnies majoritaires au Rwanda : les Hutus et les Tutsis. Depuis 1959, une partie des Tutsis se sont exilés par vague dans d’autres pays à proximité du Rwanda, car les Hutus les voulaient hors du pays. Leur désir de revenir est la source de la guerre civile qui éclate en 1990.

Au début du roman, la menace qui pèse sur tous les tutsis est beaucoup moins tangible qu’à la fin où Kigali est littéralement envahi de milliers de cadavres. Durant tout le roman, c’est la montée de ce conflit que l’on découvre : Le nombre de morts qui augmente à chaque matin (car les meurtres se font presque tous pendant la nuit), les Rwandais qui sont assassinés par leurs propres voisins et amis, les dirigeants qui ne font rien pour arrêter ce massacre.

Malgré toute la haine et la violence qui les entoure, Valcourt et Gentille deviennent de plus en plus amoureux et tous leurs amis leur dise de quitter le Rwanda, car, même si Gentille est Hutue, elle a tous les traits d’une Tutsie (grande, mince et les traits fins) et risque de se faire tuer dans cette élimination de Tutsis. Malheureusement, Bernard aime trop ce pays pour aller se réfugier à un autre endroit et Gentille croit naïvement que les habitants de son pays ne seront pas assez fous pour s’entretuer. Le couple entreprend donc d’aller visiter le père de Gentille pour que Valcourt puisse lui demander la main de sa fille et de retourner à Kigali afin d’aller célébrer leur mariage à l’hôtel des Milles Collines, qui sert maintenant un refuge pour un grand nombre de personne.

Lorsque, finalement, Valcourt réalise que la situation empire et qu’il ne peut rester au Rwanda avec sa nouvelle femme, il accepte finalement les billets d’avions que lui offre un ami. Mais, il y a plusieurs barrages partout pour vérifier que les Tutsis ne tentent pas de s’échapper et, même si la carte d’identité de Gentille prouve que celle-ci est une Hutue, les soldats qui ont pour ordre d’éliminer tous les Tutsis ne la croient pas. Malgré les violentes protestations de Valcourt, les gardes l’assommèrent et lui arrachent sa bien-aimée. Dans l’avion, on raconta à Valcourt qu’un sergent avait pris sa femme sous sa protection.

Une semaine plus tard, le journaliste était revenu au Rwanda et pouvait constater l’ampleur des massacres de la guerre. Il recueillait les témoignages des survivants pour écrire sur le génocide au Rwanda. À chaque ami encore en vie qu’il rencontre, il posa la même question : Qu’était-il advenu de Gentille? Tous lui répondirent la même chose : elle était morte, pour sûr, mais comment, ils ne le savaient pas. Un jour, un ami lui remit un cahier qui avait appartenu à Gentille et dans lequel elle racontait les derniers jours de sa vie. Valcourt découvrit alors comment sa femme était morte. Elle avait bel et bien été recueillie par un sergent, Modeste. Elle vivait dans son sous-sol et ne faisait que la violer. Lorsqu’elle s’échappa, Gentille fut torturée par des miliciens. Elle finit par mourir de ses blessures.

Valcourt continua son chemin avec comme idée que sa femme était morte, jusqu’à temps qu’il la croise dans un marché. Il lui dit qu’il l’aimait et qu’il voulait qu’elle parte avec lui, mais elle lui répondit qu’elle n’était plus celle qu’il avait aimée, qu’elle n’était qu’un corps qui se décomposait et c’est pourquoi elle avait demandé à tous ses amis de lui dire qu’elle était morte. Six mois plus tard, une pneumonie foudroyante l’emporta.

À la fin du livre, Bernard Valcourt vit avec une Suédoise de son âge travaillant pour la Croix-Rouge. Ils ont adopté une petite fille hutue dont les parents ont été condamnés à mort pour leur participation au génocide. Elle s’appelle Gentille et Valcourt est heureux.

 

 

 

Recommandation

 

Je recommande ce livre à tous ceux et celles qui sont intéressés à en apprendre plus sur le génocide rwandais ou tout simplement qui aiment les romans ou les histoires d’amour très tristes. J’aurais tendance à croire que les adultes auraient plus de plaisir à lire ce livre puisqu’il est écrit de la perspective d’un adulte et qu’il est aussi un peu plus intellectuel. C’est aussi une histoire d’amour, mais très peu traditionnelle, donc les amateurs de romans à l’eau de rose ne seront pas nécessairement très intéressés par ce livre.